Au-dessus du naufrage

Du naufrage, 2013.

– Pourquoi tu marches?

– Car je suis de ceux qui sont prêts à croire que, au-dessus du naufrage, des portes peuvent encore s’ouvrir.

Publicités

Quelques minutes dans la vie d’un rapace

Deux photos prises depuis la rive de Cap-Santé lors d’une marche dominicale avec des amis, non pas en territoire montréalais — après tout, c’est le temps des vacances —, mais le long du Saint-Laurent…

À l'affût dans le cap...

À l’affût dans le cap…

En vol...

En vol…

Bottine sur briques rouges

Je réagis ici à la photo de la maison-bottine publiée le 23 mai dernier par André Carpentier, à la suite de notre marche à Saint-Hyacinthe du 22 mai.

La maison-bottine, André Carpentier

La maison-bottine, André Carpentier

Si c’est une maison, cette bottine, alors tout marche rondement dans les fantaisies de l’enfance que les artistes saisissent d’un trait, puis exposent là, devant un édifice de briques rouges. Un édifice important.

Si c’est une bottine, cette maison, c’est qu’elle est bien jeune… Avec quelques flâneries de plus, elle aura la couleur terre du printemps, de l’usure au talon et des lacets effilochés… Rivière, barrage, pont, piste cyclable, maisons ancestrales, bars aux doubles vitrines, poignée de sœurs centenaires au chœur d’une église vierge, fourmis au travail sur trottoirs à décimenter… Autour du marché, un mercredi de mai, une bottine ne s’encabane pas devant un édifice public de briques rouges ! Même important…

Sur un banc de parc, nous laissons nos chaussures tranquilles un instant, la photo n’est qu’un prétexte, le banc, un lieu de passage pour qui marche en bonne compagnie.

J’aurai flâné à Saint-Hyacinthe… comme si ce moment avait été une méditation où rien ne se fixe, tout passe son chemin, même à six, si bien que les attributs de la bottine – travail, famille, vie meilleure – s’éclipsent au profit des regards éphémères, mais percutants, sur les reliefs du tissu urbain.

À trente pas à l’heure, la bottine-flânerie quitte l’important édifice de briques rouges pour rejoindre l’espadrille noire esseulée au coin de la rue voisine… Autour du marché, tout advient en marchant !

Hélène Guy