Églantiers, vagues et lumière d’octobre – Instantané des rapides

@ RBouvet

@ RBouvet

Balade géopoétique aux Rapides de Lachine le 17 octobre 2013.

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Le poète séchant ses ailes

@ Jean Morisset

@ Jean Morisset

[Balade géopoétique sur le pont Jacques-Cartier du 1e octobre 2013]

Lignes de fuite

@ Mathilde Caër

@ Mathilde Caër

(Balade sur le pont Jacques-Cartier du 1er octobre 2013)

Heureusement (exercice géopoétique – du parc à la forêt en passant par le pont)

Heureusement qu’il y a les fleurs
Des parfums d’humidité exaltante
Des chemins de pierres mouillées
Chemins touffus, branchus, feuillus
Enracinant mon pas fuyant
Guidant ma traversée de naufragée
Me laissant être-moi, être-là
Me laissant
Passer.

@ Martha Tremblay-Vilao

@ Martha Tremblay-Vilao

Heureusement qu’il y a l’herbe
Émergeant grandiose et rampante du sol
Elle s’enroule autour de mes jambes
Portant chacun de mes mouvements
Dans une danse fluide et sans goût
Immense et sans geste
Dans l’immobilité
D’un désir couleur vert
Soleil.

@ Rachel Bouvet

@ Rachel Bouvet

Heureusement qu’il y a l’eau
La fontaine, le lac, la mer, le fleuve
L’eau clignotante pêche sur le pont
Le regard distrait des passants
Le fleuve saute par-delà le bruit
Strident et métallique du fer
Dans un vertige
De bleu
Et d’argent.

@ Rachel Bouvet

@ Rachel Bouvet

Heureusement qu’il y a la bordure

La bordure du chemin
La bordure du fleuve
La bordure du pont
La bordure de la page

@ Rachel Bouvet

@ Rachel Bouvet

La bordure où vit l’oiseau
Le cri
L’envol.

Martha Tremblay-Vilao

Balade sur le pont Jacques-Cartier

@ Jean Morisset

@ Jean Morisset

[Ici] Le petit tableau

Vous êtes ici... et là-bas

Le petit tableauParc Angrignon. Sous un  pont, un ruisseau. Et au fond du ruisseau… comment appeler cela?… Disons : un joli petit tableau d’art plutôt contemporain — improvisé, éphémère… —, avec de la nature et de la culture dedans!

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Décalage horaire

Un jeudi à Charlottetown, à 1000 km de Québec, vous dire combien c’est loin d’un mercredi à Montréal… Et pourtant, les mots demeurent les mêmes: DURABILITÉ, VISION, AUTONOMIE, ÉNERGIE, RESPECT / WASTE, COMPOST, RECYCLE… A-t-on besoin de préciser que le drapeau OPEN bat de l’aile en pays loyaliste? Au fait, à quelle heure le CANADA s’est-il fermé la veille, pendant les flâneries du mercredi, rue QUENN ?

Des restes d’affiches pour ne pas perdre la mémoire

La Classe

Pistons

Nous devions nous rejoindre à La crème de la crème à 9h30. Mais c’est la voix de Yves, de l’autre côté de la rue de la Commune, qui m’a fait lâcher la lourde porte de bois du resto fermé à clé, privant les flâneurs de leur expresso de départ. Nous nous sommes finalement rejoints non loin des rails, du stationnement du Centre des sciences et de son cinéma IMAX, au croisement de la Commune et du boulevard Saint-Laurent. Nous nous étions promis une marche toute en lenteur, «avec des arrêts attentifs sur certains cas d’éclectisme», comme le proposait André dans le menu de cette flânerie. Mais à lire les différentes rubriques consacrées à cette Main mythique, c’est le foisonnement, l’abondance, la diversité entraînant un vertige, une certaine vitesse, que j’avais en tête. Une rapidité à l’égal de celle dictant le rythme de ces passants ou commerçants affairés que nous avons croisés, dérangés parfois par nos multiples arrêts, lançant quelques regards suspicieux autour d’eux, puis reprenant leur cadence, comme si rien n’avait fait irruption dans leur quotidien. Or c’est bien la lenteur, l’attention que celle-ci permet de déployer qui ouvre la porte au jaillissement, à l’inattendu.

Malgré les nombreuses années écoulées depuis l’époque des reportages de Gabrielle Roy pour le compte du Bulletin des agriculteurs, il est fascinant de lire ces passages qu’elle consacre au boulevard Saint-Laurent, celui qu’elle nomme le «méridien de Montréal» :

«Arbitrairement, il tranche la ville en deux sections, est et ouest, qui vont affirmer leur caractère particulier à mesure qu’elles s’étendront en sens opposé. […]

Sa destinée est de trouver l’eau. Bras droit du fleuve dont il a pris le nom, il traverse l’île pour aboutir à la rivière des Prairies. Et il finit à la prison de Bordeaux.

Dans sa carrière tumultueuse, il s’est fait à l’image du monde : boutiques de tatouage, refuges de matelots, antres crasseux des diseuses de bonne aventure avec leurs vitrines tapissées de mains géantes et de tentures grossières, maisons de gros, débits à l’once ou à la verge, voitures ambulantes, brasseries, synagogues, théâtres, halles et tavernes.

Partant des bas quartiers, il monte jusqu’aux abords de la montagne. Il regarde les signes de conquête qu’on a dressés aux deux pôles de la ville : la croix sur les hauteurs, les élévateurs sur les quais. En haut, les châteaux; en bas, les taudis.

Âme vagabonde, il connaît la senteur du blé, du cambouis, du poisson, de l’ail, de la bière, du blé d’Inde soufflé, des frites et du smoked meat. […]

Le cri de la sirène assiste à son départ et le tumulte d’un courant rapide et dangereux l’accueille au terme de ses fantaisies. C’est encore à lui, grand voyageur, qu’il faut se confier pour aller à la découverte de la ville.»

(Gabrielle Roy, Heureux les nomades et autres reportages 1940-1945, présentation de François Ricard et Antoine Boisclair, Montréal, Boréal, coll. « Cahiers Gabrielle Roy », 2007, p. 27-28.)

Même si elle se consacre (dans ces extraits) au centre-ville, nous avons pour notre part flâné jusqu’au marché Jean-Talon. Nous avons pisté l’esprit patchwork de la Main, qui se fait sentir bien au-delà de Sainte-Catherine. Des mini-ruelles, des parcs longeant «le méridien», dont le parc des Amériques et celui du Portugal, le Barfly, l’Église de Dieu Réparateur de Brèches (qu’on peut joindre dans l’indicatif métropolitain du 514), la galerie Yves Laroche, qui a troqué le Vieux-Montréal pour le Mile-End, quasiment la Petite-Italie. Ce qui me ramène d’ailleurs à un effluve d’expresso, comme ceux que je préparais aux Délices, quand je travaillais sur la rue Saint-Paul. M. Laroche les aimait allongés à la demie, avec un quart de lait chaud.

Église de Dieu Réparateur de Brèches

Le clocher de Saint-Jean-Vianney

Au lendemain de la marche du 8 mai rue Beaubien, depuis l’édicule du métro Beaubien jusqu’au boulevard des Galeries d’Anjou, Yves Lacroix écrit, dans sa chronique :

«Au 6421, à l’ouest de la 26e avenue, est l’église Saint-Jean-Vianney, fonctionnelle, celle-là [par rapport à l’église Saint-Eugène, croisée plus tôt, métamorphosée en appartements à loyers modiques], d’une paroisse fondée en 1925.

L’église Saint-Jean-Vianney est une des églises à l’architecture la plus éclatée de la ville. Le chemin de croix est l’œuvre du sculpteur Jordi Bonet et le vitrail fut créé par le verrier français Gabriel Loire. Une grande tapisserie réalisée par Micheline Beauchemin orne aussi l’intérieur de l’église. (http://www.imtl.org/edifices/eglise_Saint_jean_Vianney.php)

Il faudra revenir sonder les portes. Je note pour l’instant la modernité de l’édifice, avec un toit à double pente posé sur le rez-de-chaussée. Trois cloches superposées sont exposées dans un clocher ouvert planté contre le trottoir.» (Yves Lacroix)

Clocher de l'église Saint-Jean-Vianney