Entrelacements

Un complot entre les branches, comme si elles allaient cueillir le soleil dans leur toile.

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«Notre Soleil est si proche de nous en comparaison des Soleils des autres tourbillons, que sa lumière doit avoir infiniment plus de force sur nos yeux que la leur. Nous ne voyons donc que lui quand nous le voyons, et il efface tout; mais dans un autre grand tourbillon, c’est un autre Soleil qui y domine, et il efface à son tour le nôtre, qui n’y paraît que pendant les nuits avec le reste des autres Soleils étrangers, c’est-à-dire, des étoiles fixes. On l’attache avec elles à cette grande voûte du ciel, et il y fait partie de quelque Ourse, ou de quelque Taureau.»

Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, p. 145.

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De dentelle et d’acier

De fer et de dentelles, 2013.

 

Dans Ahuntsic-Cartierville, à l’Île Perry – dite l’Île-aux-Fesses – un bref coup d’oeil sous la jupe d’un pylône.

Au-dessus du naufrage

Du naufrage, 2013.

– Pourquoi tu marches?

– Car je suis de ceux qui sont prêts à croire que, au-dessus du naufrage, des portes peuvent encore s’ouvrir.

L’incinérateur

Incinérateur des Carrières, 2013.

Amours anonymes

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Parc Casimir-Dessaulles, Saint-Hyacinthe. Lui, d’un côté de la table à pique-nique, accompagné de sa glacière Igloo. Elle, de l’autre, range une boîte-à-boire vide et du papier cellophane froissé dans son sac isotherme. Il pourrait s’agir d’un couple ou encore de collègues partageant un lunch et, pourtant, ils n’échangent pas un mot, préférant au blanc des yeux des amours anonymes gravées au canif. Fatigue du silence partagé oblige, il se couche sur le banc, lève et croise les jambes pour déposer ses semelles empoussiérées sur une écorce avant de fermer les yeux. La montre reposant sur son ventre, ne laisse rien présager du temps qui passe – ou ne passe plus.

Elle finit par le regarder en n’offrant même pas la possibilité d’une moue. Elle prend sous le bras son sac isotherme avant de quitter le parc en claudiquant.

Triptyque à quatre pattes II

À découvert

Positionné rue du Laos, un périscope émerge du gazon. Il surveille les terrains vagues du nord-ouest, où se déploient des bataillons de mauvaises herbes, prêtes à coloniser les habitations du Bonheur. Par-delà les clôtures, de l’autre côté de Henri-Julien, les innombrables fenêtres des édifices transformés en ateliers – en lofts peut-être – guettent l’improbable plongée du sous-marin ennemi. Improbable, puisque pris au piège par les fortifications encerclant le couvent des Carmélites.

Laissant sous-marin et bataillons derrière nous, nous poursuivons notre marche vers le sud. Dans la grisaille et les grains de pluie intermittents, nous croisons une jeune femme au parapluie déployé, qui chemine vers nous avec un air interrogateur. Mais qu’est-ce que nous pouvons bien chercher par ici? Le bonheur est simple, disait le graff.

Triptyque à quatre pattes

Depuis que les Flâneries du mercredi ont commencé, je suis à chaque fois surpris du nombre de chaise, de fauteuils et de tout autre type de dispositifs à quatre pattes destinés à la position assise que nous croisons durant nos parcours. Voici quelques-uns des objets en question, glanés lors de notre dernière sortie.

Centre-ville au ventre vide

Centre-ville au ventre vide, 2013.

Périscope

Périscope, rue du Laos, 2013.

 

Quelqu’une prétend que, rue du Laos, des sous-marins mènent une guerre secrète contre les pissenlits.