La porte ouverte fermée

La porte

Alfred de Musset, décédé trente ans avant l’invention de la porte tournante, dite porte tambour, faisait dire à une marquise, dans un «proverbe en un acte», qu’il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. Dans le cas qui nous intéresse ici, je dirais plutôt que l’art est une porte ouverte sur l’imaginaire, même quand la porte est fermée!

André Carpentier

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Décalage horaire

Un jeudi à Charlottetown, à 1000 km de Québec, vous dire combien c’est loin d’un mercredi à Montréal… Et pourtant, les mots demeurent les mêmes: DURABILITÉ, VISION, AUTONOMIE, ÉNERGIE, RESPECT / WASTE, COMPOST, RECYCLE… A-t-on besoin de préciser que le drapeau OPEN bat de l’aile en pays loyaliste? Au fait, à quelle heure le CANADA s’est-il fermé la veille, pendant les flâneries du mercredi, rue QUENN ?

Des restes d’affiches pour ne pas perdre la mémoire

La Classe

Madame de la Corneille

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Et bonjour, Madame de la Corneille,

Que vous êtes jolie! que vous me semblez belle!

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage

Vous êtes le Phénix des hôtes du Plateau…

Dessins d’enfants

Dessin d'enfant 1

Six remarques à propos de dessins d’enfants tracés à la craie sur l’asphalte de Ville-Émard.

1) On sait que les dessins que produisent les enfants témoignent de leur développement moteur, intellectuel, affectif. Or, n’est-ce pas toujours émouvant, pour un adulte, de sentir un être humain qui cherche ses aises et ses balises au début du long processus de la vie?

2) Les enfants ont différentes raisons de dessiner. Entre autres, pour faire comme les grands qui leur fournissent des images par les livres, le cinéma, la télé pour enfants. Cette aspiration à rattraper le monde des adultes est en elle-même chaque fois troublante. On aurait envie de leur suggérer de prendre leur temps, mais ce serait peine perdue…

3) La production de dessins est toujours valorisée par les parents et autres adultes. Chaque dessin d’enfant apparaît alors comme une recherche d’approbation, d’appréciation, voire comme une quête d’amour.

4) Sous les continents géographiques, il y a, pour chaque adulte, le continent disparu de l’enfance. C’est peut-être pourquoi les adultes s’émeuvent de la candeur des dessins d’enfants, comme s’ils leur rappelaient leur innocence perdue. J’imagine que c’est la raison pour laquelle les valeurs symboliques de ces dessins nous touchent plus, même inconsciemment, que ce qui relève des qualités représentationnelles et du talent graphique.

5) Jusqu’à un certain âge, dessiner constitue, pour les enfants, d’où qu’ils soient, un très important moyen d’expression. D’où le caractère quasi universel de ces dessins — sous les spécificités culturelles, bien sûr. Dans le dessin d’enfant, s’exprime l’enfance universelle.

6) Que nous raconte la fillette qui dessine sérieusement une fillette ou un chat, sinon qu’elle demande à faire sa place dans le monde?

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André Carpentier

Bottine sur briques rouges

Je réagis ici à la photo de la maison-bottine publiée le 23 mai dernier par André Carpentier, à la suite de notre marche à Saint-Hyacinthe du 22 mai.

La maison-bottine, André Carpentier

La maison-bottine, André Carpentier

Si c’est une maison, cette bottine, alors tout marche rondement dans les fantaisies de l’enfance que les artistes saisissent d’un trait, puis exposent là, devant un édifice de briques rouges. Un édifice important.

Si c’est une bottine, cette maison, c’est qu’elle est bien jeune… Avec quelques flâneries de plus, elle aura la couleur terre du printemps, de l’usure au talon et des lacets effilochés… Rivière, barrage, pont, piste cyclable, maisons ancestrales, bars aux doubles vitrines, poignée de sœurs centenaires au chœur d’une église vierge, fourmis au travail sur trottoirs à décimenter… Autour du marché, un mercredi de mai, une bottine ne s’encabane pas devant un édifice public de briques rouges ! Même important…

Sur un banc de parc, nous laissons nos chaussures tranquilles un instant, la photo n’est qu’un prétexte, le banc, un lieu de passage pour qui marche en bonne compagnie.

J’aurai flâné à Saint-Hyacinthe… comme si ce moment avait été une méditation où rien ne se fixe, tout passe son chemin, même à six, si bien que les attributs de la bottine – travail, famille, vie meilleure – s’éclipsent au profit des regards éphémères, mais percutants, sur les reliefs du tissu urbain.

À trente pas à l’heure, la bottine-flânerie quitte l’important édifice de briques rouges pour rejoindre l’espadrille noire esseulée au coin de la rue voisine… Autour du marché, tout advient en marchant !

Hélène Guy