Entrelacements

Un complot entre les branches, comme si elles allaient cueillir le soleil dans leur toile.

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«Notre Soleil est si proche de nous en comparaison des Soleils des autres tourbillons, que sa lumière doit avoir infiniment plus de force sur nos yeux que la leur. Nous ne voyons donc que lui quand nous le voyons, et il efface tout; mais dans un autre grand tourbillon, c’est un autre Soleil qui y domine, et il efface à son tour le nôtre, qui n’y paraît que pendant les nuits avec le reste des autres Soleils étrangers, c’est-à-dire, des étoiles fixes. On l’attache avec elles à cette grande voûte du ciel, et il y fait partie de quelque Ourse, ou de quelque Taureau.»

Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, p. 145.

Cinq étranges bas-reliefs

Le parc des Bateliers, dans Ahuntsic-Cartierville — bien que plutôt sur le territoire de l’ancienne Cartierville , ex l’Abord-à-Plouffe). Au bout d’un jeu de sentiers menant au bord de la rivière des Prairies, un sculpteur a laissé son empreinte artistique dans des roches du format d’un ourson couché en rond.

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De dentelle et d’acier

De fer et de dentelles, 2013.

 

Dans Ahuntsic-Cartierville, à l’Île Perry – dite l’Île-aux-Fesses – un bref coup d’oeil sous la jupe d’un pylône.

Églantiers, vagues et lumière d’octobre – Instantané des rapides

@ RBouvet

@ RBouvet

Balade géopoétique aux Rapides de Lachine le 17 octobre 2013.

Le poète séchant ses ailes

@ Jean Morisset

@ Jean Morisset

[Balade géopoétique sur le pont Jacques-Cartier du 1e octobre 2013]

Lignes de fuite

@ Mathilde Caër

@ Mathilde Caër

(Balade sur le pont Jacques-Cartier du 1er octobre 2013)

Heureusement (exercice géopoétique – du parc à la forêt en passant par le pont)

Heureusement qu’il y a les fleurs
Des parfums d’humidité exaltante
Des chemins de pierres mouillées
Chemins touffus, branchus, feuillus
Enracinant mon pas fuyant
Guidant ma traversée de naufragée
Me laissant être-moi, être-là
Me laissant
Passer.

@ Martha Tremblay-Vilao

@ Martha Tremblay-Vilao

Heureusement qu’il y a l’herbe
Émergeant grandiose et rampante du sol
Elle s’enroule autour de mes jambes
Portant chacun de mes mouvements
Dans une danse fluide et sans goût
Immense et sans geste
Dans l’immobilité
D’un désir couleur vert
Soleil.

@ Rachel Bouvet

@ Rachel Bouvet

Heureusement qu’il y a l’eau
La fontaine, le lac, la mer, le fleuve
L’eau clignotante pêche sur le pont
Le regard distrait des passants
Le fleuve saute par-delà le bruit
Strident et métallique du fer
Dans un vertige
De bleu
Et d’argent.

@ Rachel Bouvet

@ Rachel Bouvet

Heureusement qu’il y a la bordure

La bordure du chemin
La bordure du fleuve
La bordure du pont
La bordure de la page

@ Rachel Bouvet

@ Rachel Bouvet

La bordure où vit l’oiseau
Le cri
L’envol.

Martha Tremblay-Vilao

Au-dessus du naufrage

Du naufrage, 2013.

– Pourquoi tu marches?

– Car je suis de ceux qui sont prêts à croire que, au-dessus du naufrage, des portes peuvent encore s’ouvrir.

Un colibri totémique

Le plus grand colibri observé à ce jour mesure 50 mètres de long, de l’extrémité du bec aux plumes caudales. Il se trouve au Pérou. Il naquit dans l’esprit des Nazcas, puis se figea en plein vol dans le sol de la pampa péruvienne. Du plancher désertique, il ne se voit guère. Son envergure terrestre ne se déploie et n’apparaît qu’à vol d’oiseau.

Le présent colibri totémique fut observé dans une ruelle de Montréal. Il fait un peu moins qu’un grand bouclé de long. Un minus par rapport à son ancêtre tellurique du Sud. Mais un prodige tout de même. Pensons que ces esprits ailés ne dépassent pas l’empan et voisinent généralement le pouce.

Les mains des hommes, bons outils, ont la folie des grandeurs.

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L’incinérateur

Incinérateur des Carrières, 2013.